Si la solution s’appelait RPA ? - Image

Crédit : MIT(Oumayma Elbouanani)


Auteur : Tiphaine Ruppert | 07-10-2019

Vous dirigez votre propre société. Comme nombre de vos pairs, la digitalisation, ça vous parle. Vous n’entendez que ça. Vous avez entamé ce virage, mais la course n’est pas de tout repos.

Votre problématique aujourd’hui est d’optimiser la façon dont vous sollicitez vos équipes, car certaines tâches très répétitives, peu valorisantes et rentables, prennent beaucoup trop de temps et coûtent par conséquent toujours trop d’argent à l’entreprise. Vous constatez que les salariés concernés ne sont pas disponibles pour se consacrer à des projets plus stimulants.

« Mimer l’action humaine »

Bonne nouvelle, une partie de la solution est à portée de main… ou plutôt de clavier. Elle se nomme RPA – pour automatisation des processus métiers. « La RPA sert à mimer l’action humaine sur certaines tâches très répétitives et parfaitement standardisées », précise Youssef Essadik, développeur chez MIT. Il poursuit : « Le concept de base existait déjà, sauf que son utilisation nécessitait un logiciel auxiliaire. Aujourd’hui, on peut aller plus loin, notamment si on lui associe l’intelligence artificielle ».

La RPA colonise désormais tous les domaines, du monde de la banque à l’éducation, en passant par la communication. On peut par exemple la déployer pour gérer à notre place des campagnes de prospection commerciale par e-mail, traiter des réclamations clients ou bien effectuer des tâches comptables car la RPA excelle dans les copier-coller et autres ressaisies. « Les tâches doivent se dérouler dans l’univers virtuel de notre ordinateur [il ne s’agit pas de « vrais » robots, qui pourraient œuvrer sur la chaîne de production d’une usine par exemple, ndlr], selon une procédure toujours identique et peut prendre beaucoup de temps sur une journée », indique Youssef Essadik.

Économique et fiable

Selon le développeur, « les patrons seront ravis » par la démocratisation de cette technologie. Elle comporte plusieurs avantages non-négligeables.

  • • L’économie de ressource humaine et donc financière.« Payer deux salariés pour réaliser ces tâches coûte plus cher que la RPA », affirme encore le développeur. Et d’ajouter : « Le but n’est pas forcément de réduire les effectifs mais de les utiliser différemment et de mieux valoriser le travail humain ».

  • • Le gain de temps (et donc, là aussi, d’argent). Un robot est plus rapide qu’un humain, il peut également travailler 7/7j et 24/24h. Il ne prend pas de vacances ni de pauses. La RPA permettrait de libérer 15 à 30 % du temps des salariés dévolus à ces tâches… Qui dit mieux ?

  • • Le gain de fiabilité. On le sait, l’erreur est humaine… pas robotique ! Le recours à la RPA permet de diminuer, voire de supprimer, le risque d’erreur. Elle est aussi moins risquée qu’une solution logicielle.
  • • L’accessibilité de cette technologie. « Dès que l’on connaît le métier, ses contraintes et ses objectifs, c’est facile », assure Youssef Essaddik. Une solution RPA est simple à mettre en production, bien que comme toujours, le temps et le coût dépendent du projet.

De plus, le retour sur investissement serait assez rapide.

Croissance exponentielle

Autant d’aspects qui font de la RPA un atout pour l’entreprise de demain et sa compétitivité. « Actuellement, le marché de la RPA est peu développé, je dirais même peu connu au Maroc, tant du côté des prestataires que de celui des clients potentiels. Il y a une carte à jouer et des marchés à prendre », note ainsi le jeune homme.

Le Maroc, qui accuse du retard en matière de robotique vis à vis d’autres pays, n’est néanmoins pas le seul à avoir été pris de court par la RPA. Actuellement, la proportion d’entreprises ayant adopté la RPA s’élèverait à quelques 10 % mais devrait atteindre les 40 % en 2020.

Une progression fulgurante que confirme l’un des rapports du cabinet Gartner sur le sujet : après un bond de 63,1% en 2018 pour atteindre 846 millions $, le chiffre d’affaires de ce secteur pourrait dépasser le milliard cette année…

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