L’IoT pourrait devenir le système nerveux de la planète - Image

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Auteur : Tiphaine Ruppert | 22-05-2019 | Tags: IoT Internet of things objets connectés sécurité des objets connectés expertises nouvelles technologies en savoir plus sur l’IoT protocoles de sécurité IoT

Tout d’abord, pouvez-vous nous rappeler ce qu’est l’internet des objets ?

Salim El Bouanani : « L’IoT est une infrastructure globale d’objets virtuels et physiques. Ces objets (things en anglais) sont intelligents et dotés, le plus souvent, d’un identifiant unique et d’une capacité à transférer et recevoir des données à travers les technologies de communication, internet principalement.

Ces réseaux sont omniprésents, certains parlent de 20 milliards d’objets connectés en 2020, d’autres annoncent des chiffres encore plus élevés. Cela va des équipements GPS qui peuvent arrêter les voitures en cas de danger à la smart city, en passant par les objets du quotidien comme la brosse à dent ou les réfrigérateurs intelligents. On identifie généralement quatre grands domaines où ces objets sont déployés : l’industrie, la santé, l’environnement et le sociétal. »

Quel est le problème rencontré en matière de sécurité de ces équipements connectés ?

S. El B. : « La capacité de calcul de ces objets connectés n’est pas très grande. En comparaison, ils sont moins puissants qu’un smartphone. Ils ont été créés pour répondre à des besoins précis et l’utilité a primé sur la sécurité, mais leurs capacités d’action et d’interaction les rendent vulnérables.

C’est d’autant plus problématique qu’un cap a été passé : il y a désormais plus d’équipements que de personnes connectées. L’IoT pourrait devenir le système nerveux de la planète, permettant au public de consulter des données jusqu’alors inaccessibles. La fiabilité, l’intégrité de ces données sont d’autres enjeux, en plus de celles relatives à leur confidentialité. »

Concrètement, quels sont les risques ?

S. El B. : « Par exemple, une faille dans les objets connectés d’une maison intelligente peut être exploitée à des fins de cambriolage. Une faille sur les systèmes automobiles peut générer d’importants problèmes de circulation, voire des accidents. La difficulté réside dans la nature de l’IoT : relever les données du monde physique et communiquer avec lui. »

Sur quels points peut-on progresser ?

S. El B. : « Être capable de sécuriser l’internet des objets en tenant compte de ses spécificités est un enjeu très important, même s’il y a encore besoin d’innover, notamment concernant les antivirus. Des technologies propres à l’IoT existent, elles sont préférables aux protocoles traditionnels d’internet. Ces standards spécifiques ont leurs couches sécurisées. Ainsi, par exemple, on utilisera l’IPV6 plutôt que le COAP ou le MQTT ; la technologie Zigbee davantage que le wifi…

Ensuite, il est primordial d’établir des standards communs et que les constructeurs intègrent la dimension sécuritaire dès la conception de l’objet connecté, afin d’obtenir un environnement sécurisé. »

Objet connecté : caractéristiques

• La présence de capteurs lui permettant de relever des données du monde physiques

• L’habilité à communiquer

• La capacité d’interagir avec le monde réel

• La capacité à traiter des données.